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Théatre
Dis-leur que la vérité est belle !
du 19 Mai au 3 Juillet 2010

de Jacques HADJAJE

avec : Isabelle BROCHARD, Sébastien DESJOURS, Anne DIDON, Anne DOLAN, Guillaume LEBON,
Delphine LEQUENNE, Laurent MORTEAU

Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs, 75 006 Paris
Métro : Notre-Dame-des-Champs (ligne 12), Montparnasse-Bienvenüe (ligne 4-6-12-13)

Représentations du Mardi, auSamedi à 21 H 30 - Dimanche à 15 H 00.
Tarifs : 34,50 €
Réservations au 01 45 44 57 34 et sur www.lucernaire.fr

L'avis de Gérard BENSAID :


Loin de moi l’intention de faire injure à l’auteur de la pièce mais je n’ai pu m’empêcher à un ou deux moments de la représentation de penser à « la famille Hernandez » chère à mes 10/15 ans. Moments fugaces heureusement car l’une pièce a peu à voir avec l’autre.
« Dis leur que la vérité est belle » est le récit qui mérite d’être reconnu d’une (au moins d’une) « épopée ».
Récit reconnu parce que ces tranches de vie des juifs d’Alger – mais tous les juifs du Maghreb ont vécu ces temps de la même manière – couvrent une période longue : de la conception à l’âge mûr du héros,
Récit reconnu parce que le choix de l’intrigue est original, à savoir des allers-retours entre la période 1950/1962 et la période actuelle,
Reconnu parce que j’ai navigué entre joies et peines, tristesse et bonheur, grandeurs et petitesses (d’esprit, de comportements et d’attitudes)…,
Reconnu parce que je m’y suis retrouvé.
Comment ne pas tirer son chapeau devant l’évocation intelligente de la brith milah et du rabbin qui se fait attendre, du mariage et des problèmes de mariage mixte, du divorce et de l’enterrement. J’en passe comme je passe sur sur le dépucelage…
Et puis d’autres choses encore et encore dans cette pièce : la « maladie de l’Algérie », l’exil à Créteil, les reproches d’un adulte à ses parents morts , pourtant de mort naturelle, en le laissant en vie ,lui, en l’abandonnant dit-il ; un zest de politique, se moquer de De Gaulle, les attentats à Alger, les manifestations OAS qui tournent mal, les reproches adressées au colonialisme, et encore beaucoup d’autres choses…
Et puis une semi curiosité, en réalité un choix délibéré : « les macroudes, ah les macroudes de ta mère, c’est un peu de miel et beaucoup d’amour » est la seule phrase dite avec l’accent pied noir. Pourquoi pas ?
Que de bons mots, que de situations qui prêtent à sourire et aussi à rire franchement surtout quand on vient comme moi de « là bas ».
Un régal.
Il faut aller voir cette pièce et puis remercier Jacques Hadjaje et toute la troupe.

G.B.

Extraits du dossier de presse :

ALGER, 1955.
Chez les Chouraqui, on fête dans l’allégresse la naissance du petit Albert.
Autour du berceau, on écoute du jazz (Gaston, le père d’Albert, est tombé dedans quand
il était petit), on admire les robes des demoiselles, on parle football et mariage, on goûte aux
makrouds d’Aimée (la mère d’Albert), on attend le rabbin qui doit venir circoncire Albert…
La vie, quoi. La guerre vient de commencer. Une guerre qui ne dit pas encore son nom.
Sept années plus tard, les rêves seront balayés. Tout ce petit monde se verra contraint de s’inventer un avenir. Ailleurs.

CRÉTEIL, AUJOURD’HUI.
Cinquante ans ont passé. Albert enterre sa mère. Sa fille, Cécile, est avec lui. Il n’a pratiquement jamais vécu avec elle. Il la connaît à peine. Ensemble, ils videront l’appartement d’Aimée. Cet appartement où la famille a échoué après la débâcle. Ensemble, ils évoqueront cette Algérie, enfouie au fond de la mémoire d’Albert. Ils feront aussi le voyage l’un vers l’autre. Cécile aidant Albert à faire le deuil d’une enfance si longtemps prolongée, en devenant enfin père.

LES FILS DU PASSÉ S’ENTREMÊLERONT TOUT AU LONG DU RÉCIT.
Toujours guidés par Albert, nous nous arrêterons en plusieurs endroits du passé : le jour béni
de sa circoncision, différents épisodes familiaux où durant cette drôle de guerre la vie continue presque comme avant, l’arrachement à cette Algérie tant aimée, l’installation chaotique en France, le départ de Brigitte (la soeur d’Albert) en Israël, la mort de Gaston.
Bref, comment en une cinquantaine d’années, la fière tribu des Chouraqui s’est dispersée.
Et comment les rescapés (Albert et Cécile) pourront continuer à en écrire l’histoire.
 
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